Origine de la systémie

La systémie, née dans les années 40, est un courant qui s’est nourri de la psychiatrie, de l’électronique, de la cybernétique, la biologie, de l’anthropologie et de la sociologie. 

La systémie ne cherche pas à connaitre la cause mais plutot à quoi ça sert et dans quels buts. 

Le système, est un ensemble organisé d’éléments en interactions, évoluant dans le temps en fonction du milieu et de la finalité tel que tout événement concernant l’un des éléments retenti sur tous les autres. Aussi, même désorganisé  il est une forme d’organisation. 

Paul Watzlawick (théoricien de la communication et du constructivisme radical, membre fondateur de l’École de Palo Alto. Il fut également psychologue, psychothérapeute, psychologue jungien et sociologue) nous dit : « on ne peut pas ne pas communiquer ». 

D’ailleurs je vous pose cette question : « pourquoi vous levez-vous le matin ? » 

Eh bien même s’il y a des jours ou vous n’en avez pas spécialement envie, surtout le lundi matin hein ?! et bien c’est pour être en lien avec les autres. Nous ne pouvons pas vivre sans lien avec les autres et sans communiquer avec les autres. Je n’utiliserai pas l’image si horrible des orphelinats en Roumanie mais plutôt celle plus drôle de Tom Hanks dans « Seul au monde » avec son ballon qu’il personnifia et appela Wilson (nom de la marque de ce dernier). Sans communication nous deviendrions fou. 

Tout comportement devient communication (quelqu’un qui ne vient pas à un rendez vous, quelqu’un qui arrive en retard ou en avance…) et nous en cherchons la signification. En systémie il faut regarder le comportement sans chercher à savoir pourquoi. 

En coaching je pense qu’il est important d’adopter au moins une partie de ce courant. En tant que coach je regarde le comportement sans chercher à savoir pourquoi la personne à adopter tel ou tel comportement. Il me faut toutefois parfois chercher à savoir pourquoi mais seulement pour que la personne nomme les choses ou que cela remonte à son conscient, sans que nous cherchions à les analyser. 

Contenu et relation

Le système n’est pas seulement celui du coaché et de ses interactions, le coach fait aussi partie du système du coaché au moment du coaching. D’ou l’importance de la supervision !

Dans une relation il y a : 

-LE CONTENU : ce qui s’échange

-LA RELATION : ce qui se passe dans la communication

La relation teinte le contenu et le domine. Le contenu est asservi à la relation. 

Le contenu affirme ou non la définition de la relation (prendre des nouvelles de l’autre, fêter un anniversaire…). Si l’autre ne réagit pas on cherche à savoir pourquoi et on vérifie la relation.

Le contenu est souvent un prétexte à la relation (t’as sorti la poubelle ? qui va promener le chien ?) ce qui compte vraiment pour nous c’est la relation c’est à dire comment je vis les choses et le sens que je mets sur ce que l’autre fait ou dit. C’est la métacommunication (art de communiquer sur la communication). En coaching, notamment dans la gestion des conflits, nous utilisons une forme de métacommunication : la Communication Non violente. Cette dernière qui pourrait se résumer par l’expression « ni paillasson, ni hérisson », permets de faire part des faits, opinions et sentiments sans mettre l’autre en défaut et tout en proposant une solution, un consensus. 

En communication il y a le digital qui nécessite un décodage et l’analogique qui ne nécessite pas de codage, nous le comprenons immédiatement. Le digital est la pensée maîtrisée, le verbal. L’analogique est la pensée spontanée, une pensée réflexe (une émotion par exemple) elle laisse davantage place à l’interprétation. C’est le non verbal. Cette communication renseigne davantage sur la relation que le digital . Il semble donc bien plus important de s’attacher à l’analogie. 

En coaching comme dans toute communication ce sont des notions qu’il est indispensable de prendre en considération. Je vous conseille le livre « Décrypter les Gens – Analyser Les Comportements – Communiquer Efficacement » de Carter Rita (ce livre et très accessible et vends le mien si cela vous interesse) et « Ces gestes qui vous trahissent » de Joseph Messinger. 

Il arrive que le digital et l’analogique renvoient deux choses différentes, c’est un paradoxe. Il y a deux solutions pour s’en sortir : rire ou perdre pied du réel. 

La systémie considère que la causalité est circulaire, les causes se co-construisent, sinon ce serait privilégier un point de vue, celui de celui qui parle.  Je pense que cela ne s’applique pas forcément en coaching car il est important dans notre contexte (celui du coach) de prendre en considération la réalité du coaché et la manière dont il vit les choses et donc de « prendre partie pour sa parole ». Le coaché construit son plan d’action et possède ses réponses ; il est donc inutile de ne pas prendre partie selon moi. Le coach doit rester neutre dans ses questions mais il pense que le coaché prend SES bonnes décisions. Toutefois, le travail du coach s’attache à faire tomber les croyances et limites du coaché sans chercher à comprendre et à savoir qui « à raison ». 

Ce qu’il est important de comprendre en coaching c’est si la communication est symétrique ou complémentaire. Si les interactions sont symétriques chacun définit la relation comme égalitaire ce qui est synomyme d’autonomie mais ce qui génére aussi plus de conflits car il peut y avoir une escalade symétrique quand l’autre ajoute toujours quelque chose. Quand l’interaction est complémentaire une des personne est plus haute que l’autre mais cela bouge tout le temps car l’un n’est pas meilleur que l’autre. Cela permet moins d’autonomie mais aussi moins de conflits. Aussi, grâce à l’analyse de ces situations et des interactions le coach peut permettre au coaché vivant une situation générant trop de conflits de comprendre le système dans lequel il interagit et lui rendre son autonomie. 

Ce qui donne l’équilibre au système c’est la circulation de l’information.  Quand l’information ne circule plus le système se dégrade, il faut alors se poser la question « qu’est ce qui ne se dit pas ? » « pourquoi l’information ne circule plus ? ». Cela peut être le cas pour beaucoup de problématiques en coaching. Par exemple, je ne m’entends pas très bien avec mon patron, la communication et l’information  ne passe plus, on peut alors se poser cette question « qu’est ce qui ne se dit pas ». En coaching on étudiera donc les hypothèses amenées par le coaché et nous balayerons ses croyances qui permettront de lever quelques hypothèses trés rapidement et d’avancer dans la rsolution de son objectif. La systémie ne remet pas en question les rôles et fonctions de chacun et c’est aussi le cas en coaching. 

Je n’expliquerai pas dans cet article les différents systèmes mais si cela vous interesse je vous laisse me le faire savoir en commentaires et je ferai un nouvel article sur le sujet. 

Se mettre en action

Je finirai cet article en soulignant le fait que le coach fait lui aussi parti du système lorsqu’il coache. C’est pour cela qu’il est nécessaire d’identifier les jeux relationnels, de laisser le questionnement circuler librement et d’être capable de modifier ses propres représentations. 

Le coach doit mettre en évidence quand le coaché « fait toujours la même chose », et donc repérer sa place et son rôle dans le système pour lui donner les clés pour l’action. 

Le système est par définition en équilibre et c’est pour cela qu’il est difficile à changer. Un équilibre même toxique est un équilibre rassurant. C’est d’ailleurs sûrement pour cela que vous ne franchissez pas le pas du coaching. N’attendez pas que les autres changent ça n’arrivera pas ! C’est un leur dans lequel il est certes bien confortable de se lover car vous en connaissez les tenants et les aboutissants, si désagréables soient-ils. En systémie, un élement du système bouge, le système entier doit retrouver un nouvel équilibre et tout bouge. En résumé : vous avez les clés pour faire avancer les choses même si vous pensez que « le problème » ne vient pas de vous. 

Pour parvenir à analyser un système et je le fait très souvent en coaching, il est très intéressant de demander aux coachés d’utiliser une métaphore pour le définir. Vous serez surpris de la vérité qui en surgit souvent ! 

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